LES EPHEMERES 16
Par souvienstoi, Mercredi 19 Avril 2006 à 17:14 GMT+2 dans Divers (article, RSS)
Par souvienstoi, Mercredi 19 Avril 2006 à 17:14 GMT+2 dans Divers (article, RSS)
1 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 18:14 GMT+2, par Béa
Bonsoir, souviens toi...
Loin de moi l'idée de polémiquer, mais j'ai quand même bien envie de répondre aux deux personnes qui ont pris la peine de déposer ici un commentaire malveillant.
Qu'elles se mettent bien dans la tête que toute la richesse d'un blog ne se trouve pas dans sa décoration... et j'en ai rarement vu d'aussi sobres qui permettaient de tels échanges...
Elles se sont bien gardées, d'ailleurs, d'indiquer ici l'adresse de leur blog... de peur de ne pas tenir la distance, sans doute !
Je te souhaite une soirée sereine, souviens toi.
Bizzz
2 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 18:14 GMT+2, par Presence_passagere
Que votre muse vous inspire encore et encore ces si jolis mots mis à plat avec finesse...! C'est un régal de lire cet ""Ephémères 16""
3 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 19:13 GMT+2, par jubelle
tu réagis avec d'autant plus de force que la mort est passée près de toi, si inamicale, si douloureuse, c'est un appel à la vie, à l'amour, un désir violent de rejeter le malheur loin, de croire encore au bpnheur
4 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 19:40 GMT+2, par Pti'coeur
Tu ne peux te rebeller… poète… les démons sont les plus forts… et ils t’envahissent.. te torturant de mille désirs sublimes qui à chaque instant affligent ton corps et ton esprit… Ta volonté n’a de cesse de livrer un combat acharné… mais s’amenuise.. vaincue par tant d’ardeur à aimer… Tes rêves se peaufinent et délicatement intègrent ta réalité que tu veux exceptionnelle… passionnée… Tu aimes cet état fusionnel de tes sens exacerbés… Tu te confonds dans des idées inextricables dont tu sors épuisé… Laisse cette brûlure divine enflammer le sang qui coule dans tes veines… ébranler cette solide détermination qui d’ordinaire est la tienne… Tu ne peux lutter… le pouvoir de l’amour dépasse l’entendement… La passion qui en découle est irraisonnée… l’amour prend… donne… il magnifie… il te perd…
laisse-toi aller… poète… savoure ce divin instant...
L’amour n’a pas de loi… qu’il soit permis ou interdit… Il est tout puissant...
5 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 19:48 GMT+2, par femme_sensuelle
aimer c'est revivre et faire renaitre les rêves enterrès entre les blessures de la mémoire.....c'est rebondir de nouveau et s'envoler dans la lumière qui illumine l'âme amoureuse ...un coeur en ébullition....sommes nous ce mélange ange et demon somme nous la contradiction humaine sommes nous ce mélange amour et haine....
6 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 20:04 GMT+2, par bleu-marine
viens boire à la source de l'Amour...souviens-toi...boire jusqu'à l'ivresse, afin d'abolir la peur et les doutes.
navigues au milieu de ces flots éternels, pour qu'ils baignent de douceur tous tes rêves, car ton bohneur est ici...dans cet océan infini.
laisses-toi porter par les vents, afin qu'il te soit doux d'apercevoir enfin le rivage, pour te reposer ....fatigué par tous ces combats....
l'Ame bleue à enfin pris ton coeur !
que cette passion qui frappe aussi fort que la foudre, puisse te laisser un feu de joie, et que ton coeur soit à jamais saturé de plaisir, sans remord aucun....car rien ni personne n'aura jamais d'emprise sur "ton Amour".
7 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 20:25 GMT+2, par angie
ca me fais cela mais avec un homme bisous
8 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 20:25 GMT+2, par angie
ca me fais cela mais avec un homme bisous
9 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 21:04 GMT+2, par Cléo
Tentation d'avouer le plaisir, tentation de plaisir, moi j'aime toutes les tentations.......
Bisous
10 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 22:23 GMT+2, par fab tite fleur bleue Fabienne
souviens toi... éphémère 16... éphémère d'espoir, de tentation, d'âme bleue comme dit joliment bleu-marine ...que cette ivresse puisse t'emporter.... doucement avec beaucoup de tendresse ... notre poète aurait il le coeur en voyage dans un joli pays ???? sourire .....
B...bonheur, extase, douceur...
O..onde de félicité...
N..ne vivre qu'en écoutant son coeur...
H..hallucinante douceur enchanteresse...
E..est ce peut être elle le rêve...
U.. ultime sphère d'ivresse...
R.. royaume de rêves ensorcelleurs... Bonheur, tendresse, amitié....
11 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:21 GMT+2, par souviens toi
Béa,merci d'apprécier mon blog et concernant ces personnes citées en fait c'est la même personne qui s'est présentée avec deux pseudos différents.....et je sais qui est derrière cela....mais aucune importance.....
12 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:23 GMT+2, par souviens toi
présence_passagère cet EPHEMERES est codé,il glisse des mots et le plaisir de le comprendre.....merci
13 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:24 GMT+2, par souviens toi
jubelle,la mort ne me fait pas peur ,le plus dur c'est d'être oublié.......On réagit avec violence pour lui survivre.....
14 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:28 GMT+2, par souviens toi
Pti'coeur,l'amour n'a pas de loi en effet mais il ne peut m'interdire cette résistance attirante,ni me l'empêcher si je le désire....
15 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:30 GMT+2, par souviens toi
femme_sensuelle,nous sommes ce paradoxe de vouloir et de refuser,d'aimer et de haïr mais une tele définition de l'amour ne serait pas complète sans le partage...
16 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:34 GMT+2, par souviens toi
bleu-marine,la passion aussi forte que la foudre peut-elle brûler le plaisir d'aimer?L'ivresse devient inconsciente quand les flots du bonheur la chavire d'écumes de tendresse.....
17 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:36 GMT+2, par souviens toi
merci Angie,je suis touché.....par cette reconnaissance ,l'amour est tout un poème...
18 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:38 GMT+2, par souviens toi
Cléo,la tentation c'est d'être tenté par toutes les passions qui tentent notre esprit et notre corps....Elle est désirable....
19 Le Mercredi 19 Avril 2006 à 23:43 GMT+2, par souviens toi
fab tite fleur bleue Fabienne,cette tentation d'âme bleue qui traverse des plaines et des reliefs,un voyage du coeur dans un joli pays où la tendresse l'attend,où le bonheur se conjugue avec passion....
20 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 00:07 GMT+2, par femme_sensuelle
Souviens toi de ne pas laisser ton bonheur t'échapper quand il vient frapper à la porte de ton coeur... suis le.... il t'emenera à un monde qui ne connaitra son chemin que ceux qui ont cru un jour à leurs bonheur...
21 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 00:48 GMT+2, par Nathalie
Bisous!
22 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 01:16 GMT+2, par Elise et Marc
Pourquoi cette tentation réprimée « d’avouer le plaisir » ? Est-ce un péché que d’éprouver du plaisir et d’en donner aussi… Si Dieu existe, je crois que s’il a doté tout être vivant de sens, ce n’est certainement pas pour le priver dans l’utilisation de ceux-ci… Je ne pense pas que l’être humain se trouve grandi par la souffrance même si la religion –où plutôt ce que les hommes ont écrit comme préceptes- est prétendument rédemptrice…
Plaisir d’écouter des paroles amies ; une douce mélodie qui ravit notre âme, plaisir de regarder la beauté des choses et de s’émerveiller d’un sourire d’enfant ou d’un visage ridé de vieillard aux yeux rieurs, plaisir de savourer un bon vin ou un mets succulent, plaisir d’offrir le meilleur de soi aux autres… La liste des plaisirs serait longue mais c’est ce qui rend la vie plus douce … le souvenir du plaisir c’est encore du plaisir et un projet plaisant est un projet de vie… Alors, savourons ces petits et grands plaisirs et faisons les partager au plus grand nombre pour un mieux être général ….
C’est le cas ici et nous en redemandons, j’en suis sûre, à l’unanimité !.
Amitiés
Elise
E&M
23 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 08:30 GMT+2, par jubelle
Si, Elise, la souffrance grandit, pas pour des raisons religieuse, pas par masochisme, mais la mort d'un être cher remet en question, sur soi-même, sur ce qu'on aurait dû, sur ce que n'on pas su ou pu faire, et il est nécessaire, comme Souvienstoi, de réagir vers plus de vie, vers ce qui est le plus beau de la vie : l'amour, la tendresse, l'échange ....si on le peut
amitiés
24 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 09:23 GMT+2, par Encre
Ah ! Souviens toi, tu n’as pas d’images sur ton blog….. C’est pas bien ! (rire)
« Si le plumage des blog se rapporte au ramage des élégantes suggestions que ces personnes ont laissé, quel dommage qu’elles ne nous en fassent pas profiter… »
(extrait du conte Huimil-Sanzimag de Nan Anèmpalémo)
25 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 09:27 GMT+2, par Encre
S’enivrer de tous les effluves de ce jardin interdit avant d’y cueillir les fleurs....
J’aime beaucoup cet éphémère Souviens toi
26 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 09:49 GMT+2, par ame-caline
Souviens toi tu me disais il y a peu que la renaissance est possible, alors qu'il en soit ainsi pour le poète et qu'il se laisse glisser vers le plaisir, qu'il goûte à la passion, qu'il coule dans la tendresse. Comment veux-tu que j'accepte, quand tu me dis d'y croire encore, que l'amour existe si toi même tu ne cède pas à la tentation, au désir d'aimer et d'échanger...
27 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 10:29 GMT+2, par Carla
C'est très beau.........bisous C
28 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 12:07 GMT+2, par Paola
Tu as un très beau blog, j'ai beaucoup de plaisir à y venir...
29 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 13:30 GMT+2, par femme_sensuelle
Invitation au Voyage
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Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas, vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir,
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés,
De ces ciels brouillés,
Pour mon esprit ont les charmes,
Si mystérieux,
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe,calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs
Les canaux, la ville entière
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe,calme et volupté.
Charles Baudelaire
30 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 13:35 GMT+2, par femme_sensuelle
J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos, "Corps et biens".
31 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 13:38 GMT+2, par femme_sensuelle
Pour retrouver le monde et l'amour
Nous partirons de nuit pour l'aube des Mystères
et tu ne verras plus les maisons et les terres
et ne sachant plus rien des anciennes rancoeurs
des détresses d'hier, des jungles de la peur
tu sauras en chemin tout ce que je te donne
tu seras comme moi celle qui s'abandonne
Nous passerons très haut par-dessus les clameurs
et tu ne vivras plus de perfides rumeurs
or loin des profiteurs, des lieux de pestilence
tu entendras parler les mages du silence
alors tu connaîtras la musique à tes pas
et te revêtiront les neiges des sagas
Nous ne serons pas seuls à faire le voyage
d'autres nous croiserons parmi les paysages
comme nous, invités à ce jour qui naîtra
nous devons les chérir d'un amour jamais las
eux aussi, révoltés, vivant dans les savanes
répondent à l'appel secret des caravanes
Quand nous avancerons sur l'étale de mer
je te ferai goûter à la pulpe de l'air
puis nous libérerons nos joies de leur tourmente
de leur perte nos mains, nos regards de leurs pentes
des moissons de fruits mûrs pencheront dans ton coeur
dans ton corps s'épandront d'incessantes douceurs
Après le temps passé dans l'étrange et l'austère
on nous accueillera les bras dans la lumière
l'espace ayant livré des paumes du sommeil
la place des matins que nourrit le soleil
ô monde insoupçonné, uni, sans dissidence
te faisant échapper des cris d'incontinence
Nouvelle-née, amour, nous n'aurons pas trahi
nous aurons retrouvé les rites d'aujourd'hui
le bonheur à l'affût dans les jours inventaires
notre maison paisible et les toits de nos frères
le passé, le présent, qui ne se voudront plus
les ennemis dressés que nous aurions connus
Gaston Miron, extrait de "l'homme rapaillé"
32 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 13:40 GMT+2, par femme_sensuelle
La marche à l'amour
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Tu as les yeux pers des champs de rosées
tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière
la douceur du fond des brises au mois de mai
dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d'oiseau à ton corps craintif
moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir
la tête en bas comme un bison dans son destin
la blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou
pour la conjuration de mes manitous maléfiques
moi qui ai des yeux où ciel et mer s'influencent
pour la réverbération de ta mort lointaine
avec cette tache errante de chevreuil que tu as
tu viendras tout ensoleillée d'existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t'aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu!
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j'affirme ô mon amour que tu existes
je corrige notre vie
nous n'irons plus mourir de langueur
à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non
j'irai te chercher nous vivrons sur la terre
la détresse n'est pas incurable qui fait de moi
une épave de dérision, un ballon d'indécence
un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions profondes
frappe l'air et le feu de mes soifs
coule-moi dans tes mains de ciel de soie
la tête la première pour ne plus revenir
si ce n'est pour remonter debout à ton flanc
nouveau venu de l'amour du monde
constelle-moi de ton corps de voie lactée
même si j'ai fait de ma vie dans un plongeon
une sorte de marais, une espèce de rage noire
si je fus cabotin, concasseur de désespoir
j'ai quand même idée farouche
de t'aimer pour ta pureté
de t'aimer pour une tendresse que je n'ai pas connue
dans les giboulées d'étoiles de mon ciel
l'éclair s'épanouit dans ma chair
je passe les poings durs au vent
j'ai un coeur de mille chevaux-vapeur
j'ai un coeur comme la flamme d'une chandelle
toi tu as la tête d'abîme douce n'est-ce pas
la nuit de saule dans tes cheveux
un visage enneigé de hasards et de fruits
un regard entretenu de sources cachées
et mille chants d'insectes dans tes veines
et mille pluies de pétales dans tes caresses
tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers
ma danse carrée des quatre coins d'horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à mes cils d'abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour
de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
tu es ma chance ouverte et mon encerclement
à cause de toi
mon courage est un sapin toujours vert
et j'ai du chiendent d'achigan plein l'âme
tu es belle de tout l'avenir épargné
d'une frêle beauté soleilleuse contre l'ombre
ouvre-moi tes bras que j'entre au port
et mon corps d'amoureux viendra rouler
sur les talus du mont Royal
orignal, quand tu brames orignal
coule-moi dans ta plainte osseuse
fais-moi passer tout cabré tout empanaché
dans ton appel et ta détermination
Montréal est grand comme un désordre universel
tu es assise quelque part avec l'ombre et ton coeur
ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
fille dont le visage est ma route aux réverbères
quand je plonge dans les nuits de sources
si jamais je te rencontre fille
après les femmes de la soif glacée
je pleurerai te consolerai
de tes jours sans pluies et sans quenouilles
des circonstances de l'amour dénoué
j'allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d'être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi
la marche à l'amour s'ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d'aval
j'aime
que j'aime
que tu t'avances
ma ravie
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l'aube
par ce temps profus d'épilobes en beauté
sur ces grèves où l'été
pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs
lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
et qu'en tangage de moisson ourlée de brises
je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
je roule en toi
tous les saguenays d'eau noire de ma vie
je fais naître en toi
les frénésies de frayères au fond du coeur d'outaouais
puis le cri de l'engoulevent vient s'abattre dans ta gorge
terre meuble de l'amour ton corps
se soulève en tiges pêle-mêle
je suis au centre du monde tel qu'il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
je vais jusqu'au bout des comètes de mon sang
haletant
harcelé de néant
et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses
mais que tu m'aimes et si tu m'aimes
s'exhalera le froid natal de mes poumons
le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout mon amour
sera retourné comme un jardin détruit
qu'importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
mon amour ô ma plainte
de merle-chat dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d'éclairs lapidée
morte
dans le froid des plus lointaines flammes
puis les années m'emportent sens dessus dessous
je m'en vais en délabre au bout de mon rouleau
des voix murmurent les récits de ton domaine
à part moi je me parle
que vais-je devenir dans ma force fracassée
ma force noire du bout de mes montagnes
pour te voir à jamais je déporte mon regard
je me tiens aux écoutes des sirènes
dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques
et parmi ces bouts de temps qui halètent
me voici de nouveau campé dans ta légende
tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
les chevaux de bois de tes rires
tes yeux de paille et d'or
seront toujours au fond de mon coeur
et ils traverseront les siècles
je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie
Gaston Miron (L'Homme Rapaillé, Montréal, l'Hexagone, 1994)
33 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 13:43 GMT+2, par femme_sensuelle
La Nausée, extrait
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La chose, qui attendait, s'est alertée, elle a fondu sur moi, elle se coule en moi, j'en suis plein. - Ce n'est rien: la Chose, c'est moi. L'existence, libérée, dégagée, reflue sur moi. J'existe.
J'existe. C'est doux, si doux, si lent. Et léger: on dirait que ça tient en l'air tout seul. Ça remue. Ce sont des effleurements partout qui fondent et s'évanouissent. Tout doux, tout doux. Il y a de l'eau mousseuse dans ma bouche. Je l'avale, elle glisse dans ma gorge, elle me caresse - et la voila qui renaît dans ma bouche, j'ai dans la bouche à perpétuité une petite mare d'eau blanchâtre - discrète - qui frôle ma langue. Et cette mare, c'est encore moi. Et la langue. Et la gorge, c'est moi.
Je vois ma main, qui s'épanouit sur la table. Elle vit - c'est moi. Elle s'ouvre, les doigts se déploient et pointent. Elle est sur le dos. Elle me montre son ventre gras. Elle a l'air d'une bête à la renverse. Les doigts, ce sont les pattes. Je m'amuse à les faire remuer, très vite, comme les pattes d'un crabe qui est tombé sur le dos. Le crabe est mort: les pattes se recroquevillent, se ramènent sur le ventre de ma main. Je vois les ongles - la seule chose de moi qui ne vit pas. Et encore. Ma main se retourne, s'étale à plat ventre, elle m'offre à présent son dos. Un dos argenté, un peu brillant - on dirait un poisson, s'il n'y avait pas les poils roux à la naissance des phalanges. Je sens ma main. C'est moi, ces deux bêtes qui s'agitent au bout de mes bras. Ma main gratte une de ses pattes, avec l'ongle d'une autre patte; je sens son poids sur la table qui n'est pas moi. C'est long, long, cette impression de poids, ça ne passe pas. Il n'y a pas de raison pour que ça passe. A la longue, c'est intolérable... Je retire ma main, je la mets dans ma poche. Mais je sens tout de suite, à travers l'étoffe, la chaleur de ma cuisse. Aussitôt, je fais sauter ma main de ma poche; je la laisse pendre contre le dossier de la chaise. Maintenant, je sens son poids au bout de mon bras. Elle tire un peu, à peine, mollement, moelleusement, elle existe. Je n'insiste pas: ou que je la mette, elle continuera d'exister et je continuerai de sentir qu'elle existe; je ne peux pas la supprimer, ni supprimer le reste de mon corps, la chaleur humide qui salit ma chemise, ni toute cette graisse chaude qui tourne paresseusement comme si on la remuait à la cuiller, ni toutes les sensations qui se promènent là-dedans, qui vont et viennent, remontent de mon flanc à mon aisselle ou bien qui végètent doucement, du matin jusqu'au soir, dans leur coin habituel.
Je me lève en sursaut: si seulement je pouvais m'arrêter de penser, ça irait déjà mieux. Les pensées, c'est ce qu'il y a de plus fade. Plus fade encore que de la chair. Ça s'étire à n'en plus finir et ça laisse un drôle de goût. Et puis il y a les mots, au-dedans des pensées, les mots inachevés, les ébauches de phrases qui reviennent tout le temps: "Il faut que je fini... J'ex... Mort... M. de Roll est mort... Je ne suis pas... J'ex..." Ça va, ça va... et ça ne finit jamais. C'est pis que le reste parce que je me sens responsable et complice. Par exemple, cette espèce de rumination douloureuse:
j'existe, c'est moi qui l'entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe. Oh! le long serpentin, ce sentiment d'exister - et je le déroule, tout doucement... Si je pouvais m'empêcher de penser! J'essaie, je réussis : il me semble que ma tête s'emplit de fumée... et voila que ça recommence:
"Fumée... ne pas penser... Je ne veux pas penser... Je pense que je ne veux pas penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée."
On n'en finira donc jamais?
Ma pensée, c'est moi: voilà pourquoi je ne peux pas m'arrêter. J'existe par ce que je pense... et je ne peux pas m'empêcher de penser. En ce moment même - c'est affreux - si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existence. Les pensées naissent par derrière moi comme un vertige, je les sens naître derrière ma tête... si je cède, elles vont venir la devant, entre mes yeux - et je cède toujours, la pensée grossit, grossit, et la voilà, l'immense, qui me remplit tout entier et renouvelle mon existence. (...)
Je suis, j'existe, je pense donc je suis; je suis parce que je pense, pourquoi est-ce que je pense? je ne veux plus penser, je suis parce que je pense que je ne veux pas être, je pense que je... parce que... pouah!
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Il est en bras de chemise, avec des bretelles mauves;il a roulé les manches de sa chemise jusqu'au-dessus du coude. Les bretelles se voient à peine sur la chemise bleue, elles sont tout effacées, enfouies dans le bleu, mais c'est de la fausse humilité: en fait, elles ne se laissent pas oublier, elles m'agacent par leur entêtement de moutons, comme si, parties pour devenir violettes, elles s'étaient arrêtées en route sans abandonner leurs prétentions. On a envie de leur dire: "Allez-y, devenez violettes et qu'on n'en parle plus." Mais non, elles restent en suspens, butées dans leur effort inachevé. Parfois le bleu qui les entoure glisse sur elles et les recouvre tout a fait: je reste un instant sans les voir. Mais ce n'est qu'une vague, bientôt le bleu pâlit par places et je vois réapparaître des îlots d'un mauve hésitant, qui s'élargissent, se rejoignent et reconstituent les bretelles. (...)
Jean-Paul Sartre
34 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:35 GMT+2, par souviens toi
Elise les plaisirs sont le bon sens de la vie,il faut les apprécier ,en tirer cette substance du bonheur,les consommmer sans modération quand l'envie et le désir en redemandent...amitié
35 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:39 GMT+2, par souviens toi
nathalie,merci pour ce passage et c'est un plaisir d'apprécier ton envol sur mon blog
36 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:41 GMT+2, par souviens toi
Encre,cet extrait de conte me va trés bien,il est vrai que cela fait longtemps que je n'ai pas tapissé mon salon,préférant le laisser aux mots...sourire...merci
37 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:43 GMT+2, par souviens toi
jubellle,face à la mort la meilleure façon de rebondir c'est de profiter de ces moments de tendre,de passion,un bon moyen de donner du relief au destin..sourire
38 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:46 GMT+2, par souviens toi
ame caline,tu as raison,appliquons ce que nous disons,il faut renaître de ses cendes pour que l'amour retrouve sa passion,son plaisir ,sa tentation........sourire
39 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:47 GMT+2, par souviens toi
Carla,c'est un plaisir de te voir sur mon blog et merci pour ce joli commentaire......
40 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:49 GMT+2, par souviens toi
Paola,sois la bienvenue dans ce lieu des mots et merci pour ces propos,en espérant à nouveau ton passage.......
41 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:52 GMT+2, par souviens toi
femme_sensuelle...Que dire devant cette mer de mots merveilleux symbolisée par d'aussi grands poètes,écrivains que j'aime...Baudelaire,Desnos,Miron et Sartre avec ce choix des textes ciselés à cet EPHEMERES........si ce n'est MERCI amitié
42 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 14:58 GMT+2, par josie
Quand je lis tout ces merveilles que tu écris, je me dis qu'il serait temps que je me remette à la lecture.J'apprécie toujours autant de venir te rendre visite. je te souhaite un excellent après-midi. Biz
43 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 15:06 GMT+2, par angel
bonjour trés jolie tes écris ...trés emouvant .bisous
44 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 19:48 GMT+2, par FIFI
9a fait toujours du bien de venire sur ton blog!!!!!
45 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 20:43 GMT+2, par souviens toi
merci josie...j'apprécie ces propos et cela me rassure car je pouvais penser que j'étais devenu ringard...sourire
46 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 20:45 GMT+2, par souviens toi
Angel,le plaisir des mots est une nature à transformer le poète......
47 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 20:47 GMT+2, par souviens toi
FIFIça fait du bien aussi de te voir sur mon blog...c'est appréciable......merci
48 Le Jeudi 20 Avril 2006 à 20:51 GMT+2, par angie
coucou toi oh joli joli bisous
49 Le Vendredi 21 Avril 2006 à 16:10 GMT+2, par Angeluane
Coucou il yn à quelque jour déjà sens que tu es de mes nouvels Et bien revoilà!trés jolie éphémére toujours aussi beau,quel poète fabuleux,dit moi gentil poète,qui es tu vraiment cacher sur ces mots et phrases,tend d'écrit que tu donne,avec bonheur,douceur,sentiments, toujours envie de te lire ou relire qel bonheur, petit ou grand rêveur,Sourire!amicalement,et à plus Mystérieux,j'ai envie de dire grand poète mon Altésse!Et encore un Sourire!
50 Le Vendredi 21 Avril 2006 à 22:12 GMT+2, par souviens toi
Bon week-end Angie et merci pour ton passage.....c'est gentil......
51 Le Vendredi 21 Avril 2006 à 22:15 GMT+2, par souviens toi
Angeluane,un poète garde sa part de mystère,il est de l'autre côté du miroir à observer la vie,les mots...qui je suis?.......Un éphémère sur cette terre......sourire amitié
52 Le Samedi 10 Juin 2006 à 19:10 GMT+2, par Charwoman Birth Pic
I think it would be usefull for other users also...
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